1999 CEAM (Center for Environmental Art and Media) 環境芸術メディアセンター

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CEAM 環境芸術メディアセンター(Center for Environmental Art and Media) 発足のお知らせ

拝啓時下ますますご清栄のことお喜び申し上げます。
私儀山口勝弘は、去る3月31日をもって神戸芸術工科大学を栄退致しました。
在任中は公私にわたり格別のご厚情を賜わり誠に有り難く厚く御礼申し上げます。
今後新たな組織により、環境芸術とメディアを結んだ領域を中心に活動を行なうため、個人オフィス・ロクス山口の名称変更を行ない、環境芸術メディアセンターを発足させます。
活動拠点はデジタルメディア研究機能のTOKYO Studio と環境芸術制作機能のAWAJI Studioとをネットワークで結び、多角的な分野のアート活動とデザイン活動を展開して参ります。
また長年勤務致しておりました櫻井宏哉は独立し、非常勤スタッフとなり、新たに岡本知久が常勤スタッフとして勤務することになりました。
今後とも私共への一層の御支援を賜りますようお願い申し上げます。

敬具

平成11年4月
株式会社 環境芸術メディアセンタ一
代表取締役社長 山口勝弘
プロジェクト推進室 笠置勇星
岡本知久
非常勤 棲井宏哉

1994 実験工房から淡路芸術村へ Metafort Symposium

“Artistic Creation, Technological Innovation, Social Experiment”,
First Metafort’s Symposium,
September 30th and October 1st 1994 in Aubervilliers, France.

「芸術的創造、技術的発明、社会的実験」
第一回メタフォール・シンポジウム、
1994年9月30日+10月1日、オーベルヴィリエ、フランス

実験工房から淡路芸術村へ
山口勝弘

私はいま日本列島の中の小さな島で新しい芸術活動の担点、を作ろうとしている白淡路島芸術村(Awaji Island Art Village)である。日本の古い神話である「古事記」 によれば、IZANAGI という男神とIZANAMI という女神が天の上から長い矛をもって海の水をかきまわして最初に作った島がこの淡路島である。

すべての神話がそうであるように、それは民族や部族が集団化してゆく過程でできた物語である。私の直感的なひらめきがこの島に芸術村を作ろうという構想を生みだしたが、その動機は古い時代の神話にあったわけではない。いま私たちは人類史上もっとも多くの出来事の凝縮された世紀の最後を迎えている。恐らくまだ神話という形にはなっていないかもしれないが、空と地上と海上を超高速で走りまわる人類と物質、そしてコンピュータ内部と人聞のもつコンビュータ・ネットワークの聞を超高速で走りまわる情報とが新しい集固化した地球上の人聞の意識を生みだしている時代なのだ。

その時代を迎えた時、地球上のどんな地点にも芸術活動の拠点、を作るととが可能になるはずである。パリやニューヨークや東京のような大都市の中だけが芸術の中心となる時代ではなくなるだろう。

私が数年前、淡路島を選んだもっとも大きな理由の一つは、島から高速艇で30分の距離に新しい国際空港の建設が始まっていたことと、20世紀末前にこの島が東洋一の橋によって本州と結ばれるととが決っていたからである。園内的にも国際的にも高速化する交流の場に組み込まれ、またコンピュータネットワークの進展は人口一万人の町でさえ世界の大都市と全く変わらない情報網によって生きるのである。

芸術活動は常に個人の才能やインスピレーションから生まれるものではなかった。時代を見越したあるアーテイストの先見的な視線が他のアーテイストの視線と交差し、アトリエは実験的な工房となり、新しい芸術の運動体となり社会的な場を形成していった。

ワイマール共和国のパウハウス(Bauhaus) も、その流れを受け継いだノースカロライナのブラック・マウンテン・カレッジ (Black Mountain College) も、日本の近世京都郊外の鷹ケ峯(Takagamine) に集まった尾形光淋(Korin Ogata)らの芸術村も、それらは新しい芸術運動の艶点であり才能あるアーテイストたちによる凝縮された集団が強烈な磁場を形成していた。

私にとってアーテイストとしての社会的活動の出発点となったのは1951 年に東京に結成されたグループ「実験工房」(Experimental Workshop)であった。これは詩人でシュルレアリスムの日本での最初の紹介者でありプルトン(Andre Breton)やデュシャン(Marcel Duchamp)と親突のあった瀧口修造(Shûzô Takiguchi)によって名づけられたグループであった。詩人、作曲家、照明デザイナー、写真家、画家、造形作家、そしてエンジニアが加わったインターメディアグループの誕生であり、最初の発表が戦後日本で閲かれたピカソ展を記念し、ピカソ(Pablo Picasso)の絵画「生きる悦び’」 (Joy of Life) をテーマとしたバレーの上演であった。

このグループ活動の特徴は実験工房という名前にもかかわらず具体的な工房を持たなかったことにある。戦後の日本で芸術家のための工房をもっととは殆ど不可能に近かったーしかしもっとも重要なととは芸術上の実験精神をメンバー全てが共有していたことであり、観念の工房を心の中に形成していたことであった。メンバーの交流は今も続き発表を共にすることもある。

私自身の芸術活動の核はつねに次の時代を目標とした活動の磁場を形成することにあった。1960年には「集団現代彫刻」 (Shûdan Contemporary Sculpture Group) という彫刻と環境の場を考えるグループを結成し、1960 年代を通して日本の現代彫刻が公共の空間に進出する道を開いた白1971 年には日本ではじめて「ビデオひろば」 (Video Plaza) というビデオアート活動の運動体をつくり、1981 年には「グループ・アール・ジュニ」 (Group Arts-Unis) を結成してエレクトロニクスアートの活動の母体をつくった。このグループはコンビュータアート、ホログラフイアート、キネティックアート(Kinetic Art)、ライトアート、コンピュータ・ミュージックなど独立した分野が形成されてゆく申で、それらの専門分野を横断的に結ぶのが目的であった。すでに1970 年代以降メディアと結びついたアートの分野の活動は即時的に全世界の活動と愛読が始まっていたため、日本の中の活動も地理的ハンディキャップを考える必要がなくなりつつあった。1989年からは「グループ・アール・ジュニ」 の活動の延長線上に名古屋市でARTEC ビエンナーレ(International Biennale in Nagoya-Artec)が始まりエレクトロニクス・アートの重要な発表の場が生まれた。

私自身アーテイストとしてアート・アンド・テクノロジーからエレクトロニクス・アートへと作品活動を展開してきたが、一方1977年よりこの分野での日本で最初の教育活動の場が筑波大学(University of Tsukuba)の中に総合造形コース(Plastic Arts and Mixed Media) という名称で設置され、私はととの教授となった。この大学の工房とビデオとホログラフィーの研究室はエレクトロニクス・アート時代のバウハウスの誕生であった。また「実験工房」時代から26 年後にできた具体的な実験工房であった。

それからすでに17年の時聞が流れ私は新しい形の精神共同体の申に生きている。今回オ一ベルヴィリエ市(Aubervilliers)にできるシテ・デ・ザール(La Cité des Arts) の最初の世界的プレゼンテーションの記念シンポジュームに招かれた今、ここに集まった私の友人を含む多くの方々と共に私の実験精神に新しい活力がそそぎとまれているのを感じる。淡路島芸術村について若干具体的な説明を述べてみたい。この島には漁業や農業を営む人たちが多く、島の環境には自然の景観が多く残っている。人聞は五感すべてを包んでくれる自然環境の中で脳の中でのパーセプションとインタラクティプな関係を持つことによって強い快適感を感じとる。このような自然を背景とした場の申で環境芸術やメディアによって結ばれた芸術活動の可能性を考えるための「濠境芸術メディアセンター」(Center of Environmental Art and Media -C.E.A.M.)を中心にアーテイスト・イン・レジデンスのための住居とアトリ工、更に作品の貯蔵庫と展示空間を用意する。

1994年中に具体的な全体計画を作り、1995年より道路の造成を行ない1996 年よりセンターの建設に入る予定である。

この芸術村の要の場所に1994年7月に私のArt Factory が完成をみたーとのArtFactory が先ず芸術村での活動の実験工房であり、研究所であり、また若い芸術系大学や若い学生のための私的教育空間としても機能させてゆくー淡路島に出来た委員会では、淡路島芸術村はあくまでも自然の中の村的雰囲気を大切にしながら発展させるべきで、巨大な建物や多数の運営経費によって白業自縛に陥る道はとるべきではないという意見の提案がでている。


De l’Atelier Expérimental au Centre des Média et Arts Environnementaux

Yamaguchi Katsuhiro

Je développe actuellement le projet du Geijutsu Mura (Village des arts) à Awajishima, une petite île de l’archipel nippon. Selon le Kojiki (la “Chronique des faits anciens” établie en 712), la déesse Izanami et le dieu Izanagi remuèrent les eaux marines depuis le ciel à l’aide d’une longue hallebarde, jusqu’à former la première terre de l’archipel, Awaji.

Comme la plupart des mythes, il s’agit d’un récit qui a pris forme grâce au processus de regroupement de différentes éthnies et tribus. La raison qui m’a poussé à former le projet d’un “village des arts” sur cette île n’est cependant pas l’existence de ce mythe. Nous approchons de la fin d’un siècle qui a connu, comparativement aux autres périodes de l’histoire humaine, un nombre considérable d’événements. Les plus marquants n’ont peut-être pas encore été retranscrits sous la forme de mythes, mais ils ont néanmoins donné naissance à une conscience collective nouvelle des hommes sur la terre, qui s’est notamment transformée en fonction des possibilités, sur terre comme sur mer, de déplacement ultra-rapide des hommes et des choses, et de circulation des informations au gré des réseaux informatiques.

À l’avènement d’une telle époque, nous devons être en mesure de construire des bases d’activités artistiques en n’importe quel point géographique du globe terrestre. Nous ne sommes en effet plus à l’âge où l’art ne se crée que dans les métropoles telles que Paris, New-York ou Tôkyô.

L’une des raisons principales pour laquelle j’ai choisi il y a quelques années l’île d’Awaji, est que celle-ci se trouve à trente minutes par bateau rapide du nouvel aéroport international du Kansai, et qu’elle se trouvera reliée avant la fin de ce siècle à l’île principale de Honshû par un pont colossal. Elle est ainsi en passe de devenir un lieu d’échanges à haute vitesse, à l’échelle nationale comme internationale : l’évolution des réseaux électroniques lui permettra de développer un environnement informatique qui n’aura rien à envier à celui des grandes villes.

La création artistique n’est pas toujours déterminée par le génie ou l’inspiration d’individus isolés : lorsque que la clairvoyance d’un artiste qui a su prévoir l’évolution d’une époque s’est confronté au regard d’autres artistes, que son atelier s’est transformé en un laboratoire où ont pu avoir lieu de multiples expériences et est ainsi devenu le support d’un mouvement artistique, celui-ci a ainsi créé un lieu social.

Le Bauhaus de la République de Weimar, le Black Moutain College créé en Caroline du Nord aux États-Unis, ou encore le village des arts qu’Ogata Kôrin fonda à Takagamine dans la banlieue de Kyôto, furent chacun des foyers d’activités artistiques sans précédent qui devinrent, grâce aux quelques artistes talentueux qui les établirent, des lieux d’un magnétisme puissant.

En tant qu’artiste, mes activités publiques débutèrent avec la création du groupe Jikken Kôbô (Atelier Expérimental) en 1951. Son nom fut choisi par le poète Takiguchi Shûzô, proche d’André Breton et de Marcel Duchamp, qui introduisit au Japon le surréalisme. Le groupe intermédia qui naquit alors rassemblait poètes, compositeurs, créateurs d’éclairages, photographes, peintres, plasticiens et ingénieurs. Notre première œuvre collective fut la réalisation d’un ballet sur le thème du tableau de Picasso “La joie de vivre”, lors de l’exposition rétrospective du peintre qui eut lieu au lendemain de la guerre.

Bien qu’il fut intitulé “Atelier Expérimental”, la caractéristique des activités de ce groupe fut de se développer sans utiliser de lieu particulier. Dans le Japon de l’après guerre, il était en effet quasiment impossible de posséder un atelier destiné à la création artistique. La condition qui a véritablement présidé la création du groupe fut l’esprit d’expérimentation artistique commun à chacun de ses membres. La communication entre ces artistes s’est poursuivie, et leurs œuvres continuent d’être présentées aujourd’hui.

Le noyau de mes activités fut toujours orienté vers la création de lieux “magnétiques” destinés aux générations futures. En 1960, je formai le groupe Shûdan Gendai Chôkoku (Groupe Sculpture Contemporaine), qui proposait une réfléxion sur les lieux possibles de création de la sculpture et de l’environnement. Celui-ci ouvrit alors une voie vers les espaces publics à la sculpture japonaise contemporaine. En 1971, je fondai le Video Hiroba (Video Plaza) avec un groupe d’artistes qui pratiquaient l’art vidéo, et en 1981, le groupe Âru-Juni (Arts-Unis), qui devint un véhicule d’activités pour les arts électroniques. Alors qu’il se composait d’artistes venus de domaines artistiques autonomes : infographie, holographie, art cinétique, création d’éclairages ou musique par ordinateur, son but fut d’envisager un lien transversal entre ces territoires spécialisés. À partir des années soixante-dix, la création artistique liée aux média commençait à opérer des échanges simultanés avec le monde entier, et il fut de moins en moins pertinent d’envisager la situation géographique du Japon comme un handicap. En 1989, dans le prolongement des activités du groupe Arts-Unis, fut créée la Biennale Internationale de Nagoya (ARTEC), et celle-ci devint un des lieux privilégiés de présentation des arts électroniques au Japon.

En tant qu’artiste, j’ai moi-même développé des œuvres depuis les domaines de “l’art et la technologie” jusqu’à ceux des “arts électroniques”, et ai fondé en 1977 la section Sogô-zôkei (Arts plastiques et média mixtes) à l’université de Tsukuba. Cette section est devenue le premier lieu d’activités pédagogiques dans ce domaine au Japon, et j’y ai enseigné jusqu’en 1993. Les ateliers et les laboratoires de vidéo et d’holographie de cette université ont ainsi donné naissance à un “Bauhaus” de l’époque électronique : vingt-six ans après la fondation du Jikken Kôbô, ce sont devenus de véritables “ateliers expérimentaux”.

Mais dix-sept années se sont déjà écoulées depuis la fondation de ce département, et je vis à présent dans un contexte spirituel collectif différent. J’ai été invité à participer au symposium de célébration de la première présentation mondiale de la Cité des Arts d’Aubervilliers, et, de même sans doute que les personnes qui y sont présentes, je sens une énergie nouvelle pénétrer mon esprit avide d’expériences. J’aimerais présenter ici les activités du Village des Arts de l’île d’Awaji. Les habitants de cette île exercent principalement la pêche et l’agriculture, et les paysages naturels y sont encore très nombreux. Dans un tel environnement où les cinq sens se trouvent ainsi enveloppés, l’homme ressent un sentiment de bien-être car il peut y entretenir des relations interactives sur le plan de la perception. Il s’agit d’un projet d’”artistes en résidence” qui prévoit des habitations, des ateliers, ainsi que des entrepôts et des espaces d’exposition pour les œuvres : le Kankyô Geijutsu Media Center/C.E.A.M. (Centre des Média et Arts Environnementaux) propose de réfléchir aux possibilités de création artistique liée à l’environnement et aux média, dans un espace entouré de paysages naturels.

Avant la fin 1994 sera proposé le plan concret de l’ensemble du projet. En 1995, les voies d’accès seront construites, et la construction du centre débutera dès 1996.

Mon atelier, le Yamakatsu Kôjô, a été achevé en juillet 1994. Il s’agit de l’”Art Factory”, l’”atelier expérimental” du village des arts, qui aura également fonction de centre de recherche et de centre pédagogique pour les jeunes universités d’arts et les jeunes artistes. Le comité exécutif de l’île d’Awaji tient à développer le projet du Geijutsu mura sans tomber dans le piège des frais excessifs d’administration et de construction de grands bâtiments, en préservant son atmosphère de village à l’intérieur d’un environnement naturel exceptionnel.

(Traduction : Christophe Charles)